Découvrez Ophélie et ses belles recettes gourmandes !

Impossible de passer à coté de son magnifique blog, rempli de recettes toutes plus belles et originales les unes que les autres. Et puis, Ophélie, d’Antigone XXI, a tenté cet été l’expérience d’une alimentation crue à 100%, pendant 90 jours. Alors, il me semblait très intéressant de partir à sa découverte et de comprendre son approche de l’alimentation !

 

Bonjour Ophélie, on découvre toujours avec beaucoup de plaisir et d’émerveillements tes idées et créations culinaires en alimentation vivante. Cela nous  a donné l’envie d’en savoir plus sur toi ! Alors, peux-tu nous dire qui tu es ?

 

Qui je suis ? Difficile pour moi de me définir en quelques lignes arrêtées, ou bien peut-être faudrait-il me retenir de ne pas en dire trop justement – comme vous l’avez certainement remarqué, j’ai la plume bien pendue et je griffonne facilement des pages et des pages… Sans doute vaudrait-il mieux parler de ce que j’aime, comme la vie, que je croque à pleines dents, les épices et les zestes sans le piquant desquels mon traintrain quotidien serait trop affadi, la nature et ses saisons qui sans cesse m’émerveillent, les belles gens qui me donnent envie d’y croire et celles un peu moins belles qui me donnent envie de lutter, le rouge et sa vigueur, l’automne et ses douceurs, les fruits frais et les courges qui sonnent creux, les notes printanières et les premiers flocons d’hiver, la joie, le vent, le chocolat, l’encre et puis l’espoir, ce sale espoir – sans oublier mes babioles culinaires, bien sûr !

 A la découverte de l’alimentation vivante

Comment en es-tu arrivée à une alimentation vivante ? Quel est ton propre cheminement ?

Manger cru ne s’est pas imposé de lui-même, au contraire de mon véganisme. Je dirais que c’est d’ailleurs celui-ci qui m’a fait connaître le crudivorisme. Pendant longtemps, j’ai été végane sans savoir réellement ce que ‘manger cru’ voulait dire. Je louchais sur des blogs crudivores, je m’émerveillais devant les créations de ceux que j’appelais ‘les grands chefs’, et je m’amusais à lire les cartes des restaurants raw de New York en me disant que la rawfood était l’avenir de la haute cuisine. Mais en fait, je crois que c’était un mouvement que je ne comprenais pas bien : je me disais juste que manger cru, c’était ‘meilleur pour la santé’, et les créations de la ‘gourmet rawfood’ m’époustouflaient, et voilà. Jamais je n’aurais songé alors que je basculerais et en ferais moi-même l’expérience.

J’ai toujours eu un goût assez prononcé, disons, pour les ‘verdures’, mais je dirais maintenant que… je les ‘maltraitais’ un peu. Mes recettes incluaient toujours tout un tas d’ingrédients, je mélangeais, ajoutais, saupoudrais, j’étais la reine de la caramélisation, je ne jurais que par les légumes longuement  rôtis au four, les woks qui virevoltent, les mijotés de dix heures… Et puis, c’est comme si cela n’était jamais assez suffisant, mes papilles n’en avaient jamais assez, il me fallait toujours plus : toujours plus d’épices, de sucre, de sel, de poivre, de force, de saveurs… Mais en définitive, j’étais toujours déçue. Et, paradoxalement,  les rares fois où je mangeais à l’extérieur, mon choix allait toujours vers la simplicité : une salade, des légumes vapeurs, un peu de gomasio et, à la rigueur, un trait de sauce soja, et quel bonheur ! Je redécouvrais mon goût dans cette simplicité d’apprêt, je savourais enfin le légume débarrassé du ‘trop’ dont je le recouvrais sans cesse, et cette nudité, cette pureté me plaisait. Voilà pourquoi, peut-être, j’ai voulu m’aventurer sur les chemins de l’alimentation ‘vivante’ : pour retrouver mon goût et peut-être, pour un brin de poésie, me retrouver moi-même.

 retrouvez ici la recette de ce superbe gâteau cru, qui vole au vent !

Est-ce que ce défi, que tu t’es lancé, a boosté ta créativité culinaire ?

Alors, ici, je réponds un grand ‘oui’ ! C’est amusant car, au début de mon ‘aventure’ crudivore, j’étais un peu attristée : je me disais que tout ce que j’avais appris quand je suis devenue végane, tout ce savoir-faire culinaire, ces techniques de confection et de préparation, ces astuces et ces petites originalités, et bien… elles n’allaient plus servir à rien. Et puis, je me sentais tellement ‘débutante’ ! C’est comme si je devais tout apprendre à nouveau, comme si je n’avais rien su… mais en même temps, quel bonheur de tout découvrir quand je pensais avoir fait le tour de la cuisine vg !

Je crois que c’est ce qui m’a ravie le plus tout au long de l’été : chaque jour, il y avait un défi auquel répondre. Car c’est vraiment une épreuve quand on est habitué à un certain quotidien culinaire : comment allais-je remplacer mes ingrédients cuits fétiches,  subvenir à mes besoins, rester cru là où je cuisais toujours ? Pour moi, ça a véritablement été un grand coup d’élan à ma créativité en cuisine, c’est sûr : je déjouais des ‘pièges’, j’affrontais mes peurs, je repensais tout de fond en comble… C’est comme si ma maison s’était effondrée et que j’avais des briques à utiliser, mais que toute l’architecture était à revoir, à réinventer, un peu comme une énigme géante à reconstituer.

C’est en allant de découverte en découverte que je faisais les plus belles rencontres, les plus inattendues : le maïs ou le chocolat cru, les dattes Medjool, le panais et les navets nouveaux crus… Et puis, peut-être ce que j’espérais au fond de moi sans trop oser y croire : mon goût et mon instinct. Je crois que c’est la plus belle leçon que j’ai acquise au cours de cet été 100% cru. Au fur et à mesure, c’est la simplicité que j’ai aimée. Moi qui adorais les noisettes grillées ou les cacahuètes caramélisées, j’ai découvert la saveur subtile des jeunes noix, le parfum doux et rond des amandes, la suavité de certains fruits secs. C’est un peu comme si tout s’était épuré et, par là-même, tout était devenu plus savoureux, plus corsé, plus juste. Un peu comme un objet débarrassé de ses fioritures : on touche à l’essentiel.

 L’alimentation vivante au quotidien

Lorsque l’on parle de crudivorisme, certains réagissent en pensant que cela rime avec monotonie ? Qu’en penses- tu ?

Mmm… j’ai du mal à répondre à cette question. Pendant longtemps, je me serais écriée : ‘Non ! Quelle bêtise !’ Et puis, mon dernier mois de cru m’a posé des difficultés auxquelles je ne m’attendais pas. Comme je l’ai longuement développé dans mon dernier bilan, je crois que j’y suis allée un peu trop ‘fort’ d’un coup, et, soit que mon corps s’est rebellé, soit que la nouvelle saison y a joué sa part, j’ai tout simplement eu envie de nourriture cuite. Oh, pas des plats très compliqués, pas non plus des ‘cravings’ insensés, mais des choses simples comme du pain ou du yaourt. J’ai préféré m’écouter et suivre mon instinct. C’est un peu la voie du milieu mais, plutôt que de faire de ses envies des obsessions, je crois qu’il était naturel pour moi d’avancer ainsi, faute de quoi, j’aurais pu me lasser de la nourriture crue, ce qui aurait été très triste. On ne fait pas tout ce chemin pour rien !

Préparez vous ce délicieux petit déjeuner

 

Ton entourage et l’alimentation vivante …..c’est l’incompréhension, la curiosité ou une adhésion complète ?

Euh… disons qu’il y a ‘entourage’ et ‘entourage’ ! Pour ma famille, ne plus manger de viande rouge, c’était déjà absolument incompréhensible, alors manger tout cru ! Je souris encore à la pensée de ces quelques jours passés en famille cet été… en même temps, ils avaient beau jeu de regarder dans mon assiette avec des gros yeux : à chaque fois que je préparais à manger, je savais que je devais compter sur le double car ils piochaient allègrement dans mes petits plats crus ! Sinon, je crois que mes amis me regardent avec curiosité et bienveillance : aucun ne mange cru, aucun n’est même végane ou végétarien, mais je crois qu’ils me font confiance et ne s’inquiètent pas trop de mes ‘lubies’ – qui donnent d’ailleurs des idées à certains ! Et puis, mon amoureux, oh, lui, c’est l’adhésion… son cheminement vers le véganisme s’était déjà fait très naturellement, et il a, de son libre chef, choisi de me suivre tout au long de l’été. Bon, je reconnais qu’il a plutôt tourné autour de 80-90% de cru : il avait ses petites bouées de sauvetage – le tofu et le pumpernickel – sans lesquelles je ne suis pas sûre qu’il aurait tenu ! Il n’est jamais bon d’imposer quelque chose à quelqu’un : il faut que cela vienne de lui, qu’il s’agisse d’un mouvement du fond du cœur… et de l’estomac ! Maintenant, c’est lui qui est ‘accro’ au cru !

 

Tes recettes sont toujours très belles et étonnantes de créativité. Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Merci beaucoup, c’est très gentil à toi. En toute honnêteté, même si j’aime bien surfer de blog en blog pour découvrir de nouvelles recettes, de belles photos… je ne crois pas que j’y puise toute mon inspiration. J’admire le travail des autres et l’originalité de leurs préparations, mais j’ai un mal fou à reproduire une recette de bout en bout ! Il faut toujours que je change mille et une choses… si bien qu’à la fin, cela n’a plus rien à voir avec l’original !

Avec l’inspiration, c’est un peu pareil : je m’émerveille de ce que font les autres mais ensuite, dans ma cuisine, je coupe le cordon et je me laisse aller à ma fantaisie. C’est un peu comme si je remettais tout à plat et que je faisais table rase. En fait, j’avoue, c’est quand je me dépense physiquement que je crée toutes mes recettes : quand je cours ou je nage, je me laisse aller à mes rêveries et c’est là que je suis vraiment créative ! Peut-être le tambourinement de mes pas sur la terre, ou la reproduction des mêmes gestes au fil de l’eau, sont particulièrement propices à l’imagination… En tout cas, chaque kilomètre de parcouru me laisse avec une idée de plus : à la fin, c’est comme si j’avais un grand recueil de recettes ‘théoriques’ en tête – reste ensuite à les appliquer… ce qui est plus rare !

 

Y’a-t-il pour toi, en alimentation vivante, des indispensables (appareils/certains fruits ou légumes/ superaliments ?)

Difficile à dire ici encore, car tout dépend des gens !

Pour moi, rien n’est indispensable, au sens où l’on ne peut pas s’en passer. J’ai des appareils que j’utilise régulièrement, il est sûr que ‘Titi’, mon blender, m’aide beaucoup, et j’ai découvert récemment les joies de faire des jus maison en essayant un extracteur. Mais je dirais que là n’est pas l’essentiel. De même, j’ai beau ‘craquer’ parfois pour un super-aliment, plus par curiosité qu’autre chose, je crois que manger davantage cru est avant tout un symbole de simplicité et, en tant que tel, il est adapté à tous, peu importe la pratique culinaire et le porte-monnaie ! Tout le monde peut ajouter un peu plus de cru à son quotidien : une petite salade en entrée, un fruit ou des noix en dessert, quelques graines germées pour parsemer son plat, et puis, un smoothie gourmand à quatre heures, c’est déjà un premier pas !

Réalisez ce bouquet de printemps en mode sauvage !

 

Tu résides en Allemagne. Comment vois-tu l’approche crudivore depuis l’autre côté du Rhin. Est-ce plus répandu ? Les réactions sont-elles différentes de ce que tu peux constater en France ?

Alors, je suis partagée ici aussi. J’habite effectivement en Allemagne depuis l’hiver dernier, mais dans une petite ville – on n’est pas à Berlin ! C’est vrai que je m’imaginais que les choses seraient beaucoup plus simples, qu’il y a aurait des resto vg ou crus à chaque coin de rue, et que les boutiques bio regorgeraient de produits adaptés… Et bien, ce n’est pas exactement le cas !

Disons que le plus gros changement concerne surtout les gens : ils sont bien plus ouverts ! Il faut savoir que près de 10% de la population est végétarienne en Allemagne et chaque restaurant, même omnivore, propose toujours une ou plusieurs options végétariennes. Les magasins bio n’ont peut-être pas une gamme très étendue de produits crus ‘gourmets’ mais ils sont bien plus grands et mieux fournis qu’en France : en fait, c’était même déroutant au départ car certains magasins bio sont aussi grands que des supermarchés ! Et même si ma région est très traditionnelle, au sens où l’on n’échappe pas à l’odeur des saucisses grillées lorsqu’on sort entre amis, les gens sont généralement très ouverts face à nos choix alimentaires : en France, on nous prend pour des fous, ici, on nous regarde avec admiration.

Et puis, j’ai beaucoup de chance aussi car j’habite dans une région de maraîchage très tournée vers le bio. Très souvent le dimanche, nous prenons nos vélos et allons à la rencontre des petits producteurs locaux : nous rentrons toujours les bras chargés de fruits et légumes frais, quel bonheur ! Nous avons également un marché à deux pas de chez nous, et notre marchand bio est lui aussi végane et adepte du crudivorisme ! Il arrive à nous trouver des dattes délicieuses et, dernièrement, il nous a promis du pain Essène maison !

 

Enfin, quel(s) conseil(s) pourrait tu donner à une personne souhaitant se lancer dans la découverte de l’alimentation vivante ?

Je dirais surtout d’y aller doucement, selon ses envies et son intuition. J’ai expérimenté le 100% cru de façon peut-être un peu trop brutale, même si je ne m’en suis pas rendu compte au début, et peut-être tout le monde ne devrait pas placer la barre si haut dès le départ. A dire vrai, je pense qu’il n’y a aucune ‘barre’ à placer : pas de pourcentage à suivre, pas de dogme à écouter, pas de ‘formule miracle’  qui fasse de nous un crudivore accompli en deux temps trois mouvements. Le plus important est son propre ressenti. Pour une personne, ajouter déjà quelques crudités à son quotidien sera beaucoup, tandis que pour une autre, la transition sera beaucoup plus facile. Je pense qu’il ne faut jamais perdre une chose de vue : il ne faut rien diaboliser ni rien idéaliser. Rester humble face à ses envies, ne pas négliger l’affectif, se laisser aller à sa curiosité naturelle… et toujours se dire : et pourquoi pas ?..

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    2 réponses à Découvrez Ophélie et ses belles recettes gourmandes !

    1. Antigone XXI dit :

      Merci beaucoup Rose ! Ton message est bien passé et je t’ai répondu sur mon blog… 😉

    2. Mlle Pigut dit :

      Ahhh la talentueuse Antigonne XXI, quel plaisir de te trouver ici !
      Je me reconnais aussi dans ta façon assez instinctive de percevoir l’alimentation et de t’inspirer, c’est assez amusant. En tout cas, cet article est plein de bon sens et devrait être reconnu d’utilité publique !

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